Père Marc Tongalahy Dimanche 28 avril 2024 - 5ème dimanche de Pâques

Jésus lorsqu'il parlait de Dieu à ses contemporains utilisait très souvent des comparaisons concrètes prises dans la vie de tous les jours : berger et brebis, grain de sénevé, pécheurs et filets, le semeur, la lampe, le sel etc... Aujourd'hui, voulant montrer l'union qui doit exister entre Dieu et nous, il utilise la comparaison de la vigne et des sarments.

Pour toute branche, vivre c'est être rattaché au tronc. Pour le sarment de vigne il en va de même. La chose est simple : s'il reste branché sur le cep, le sarment est bien alimenté par la sève, c'est la vie, la croissance, le raisin garanti. Si, au contraire, il est détaché du tronc, c'est le dessèchement, la stérilité, la mort. Et Jésus en tire une conclusion radicale : "Sans moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors et qui se dessèche. Les sarments secs, on les jette au feu et ils brûlent."

La question que nous pouvons nous poser en ce dimanche est la suivante : "Voulons-nous vivre et porter du fruit ou voulons-nous nous dessécher et mourir ?" Si nous voulons vivre de la vie de Jésus faisons bien attention à mettre en pratique ces trois verbes qui rythment cet évangile : demeurer, émonder et fructifier.

DEMEURER : Ce mot revient comme un refrain (8 fois en quelques lignes !) "Demeurez en moi, comme je demeure en vous...". Demeurer...évoque une image de permanence, de continuité, image aussi de communion et d'intimité. Ce mot demeurer ne signifie pas seulement rester, résider, habiter, il signifie aussi et plus profondément "vivre avec". En écoutant ce mot nous ne pouvons pas ne pas penser à l'Eucharistie, sacrement par excellence de l'Alliance qui sous le symbolisme du pain que nous mangeons, fait demeurer Jésus au tréfonds de notre être. D'ailleurs Jésus a utilisé précisément cette même formule dans le fameux discours du Pain de vie : "Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui." (Jn 6,56)

ÉMONDER : La taille de la vigne est l'un des grands travaux du vigneron. Jésus a sans doute souvent vu faire ce geste, lui qui était paysan de Nazareth, où les vignes sont si belles. Tout vigneron sait qu'une vigne non taillée, au bout de deux ou trois ans, ne produit plus que du bois et des feuilles, sans fruits.

ÉMONDER, tailler est une image de purification et d'épreuve. Il faut sans cesse élaguer, nettoyer, pour concentrer la sève dans les rameaux essentiels. Et quand on la taille, la vigne pleure et saigne. Mais c'est le passage nécessaire pour avoir des fruits et pas seulement des feuilles.

ÉMONDER, élaguer dans notre âme cela fait mal, mais là aussi c'est concentrer ses forces son énergie vitale pour l'essentiel et non pas les disperser vers des futilités et des choses sans importances ou nuisibles. C'est ce que Jésus nous disait tout à l'heure : "Mon Père nettoie le sarment pour qu'il donne davantage..." Car en fin de compte, la raison d'être de la vigne c'est de porter des grappes, de donner des fruits, de fructifier... et nous voilà dans le 3ème terme important de cet évangile.

FRUCTIFIER : Cette expression est elle aussi répétée cinq fois dans cette page. "Donner du fruit... Porter beaucoup de fruit." Ce qui compte aux yeux de Dieu ce ne sont pas les paroles mais les actes et les fruits de notre adhésion au Christ ce sont nos actes. Nous sommes des vivants dans la mesure où nous portons du fruit. Un arbre qui ne donne plus de fruit est un arbre mort et on le coupe. Comme dans la parabole du semeur, le Christ nous invite à produire des fruits de grâce, de sainteté, de vitalité spirituelle, d'apostolat à trente, quarante ou cent pour un.

Pour terminer nous pourrions tous réfléchir au fond de notre cœur sur les questions suivantes chacun de nous, aux yeux de Dieu est une belle vigne devant porter beaucoup de fruits :

1 - Est-ce que je suis vivant ou ma croissance est-elle arrêtée parce que insensiblement je me détache du tronc ?

2 - Est-ce que je suis prêt s'il en est besoin à élaguer, émonder ma vie pour la rendre plus fructueuse et plus conforme à ce que Dieu attend d'elle ?

À ces deux questions, personne ne pourra répondre à notre place. Amen.


 


 

Date de dernière mise à jour : Lun 29 avr 2024